Traçabilité sécurisée : une démarche stratégique
L’industrie du luxe a été l’un des premiers secteurs concerné par la traçabilité, notamment pour lutter contre la contrefaçon. Aujourd’hui, la traçabilité concerne tous les domaines. Dans le secteur du luxe, la RFID reste largement utilisée pour s’assurer de l’authenticité des produits, mais la traçabilité sécurisée fait appel à d’autres techniques, de plus en plus sophistiquées.
Outre le fait de transgresser les droits de la propriété industrielle et de constituer de lourdes pertes financières pour les fabricants, les produits de la contrefaçon ne sont pas conformes aux normes de fabrication et de sécurité et peuvent être dangereux pour les consommateurs. On l’a vu notamment pour les jouets ou les médicaments.
La France a mis en place un processus de lutte contre la contrefaçon qui se veut exemplaire :
au niveau des douanes, même si les services douaniers sont loin aujourd’hui d’être équipés des divers outils d’analyse correspondant aux différentes techniques utilisées.
par la lourdeur des peines qui répriment les actes de contrefaçon.
en outre, depuis 2004, le renforcement du dispositif national de lutte contre la contrefaçon a été érigé, par les pouvoirs publics, en « priorité ».
Autrefois ciblé sur le luxe, le phénomène affecte aujourd’hui tous les produits : cigarettes, produits numériques, produits alimentaires, informatique, jouets, textiles, cosmétiques, champagnes, parfumerie, médicaments, pièces détachées....
La Chine, devenue la “manufacture du faux”, est aujourd’hui le premier acteur mondial de la contrefaçon. C’est ce qui ressort d’un rapport intitulé "L’impact de la contrefaçon vu par les entreprises françaises", réalisé par l’Unifab en avril 2010, sur la demande du ministère de l’Économie.
Ce document rappelle que la contrefaçon coûterait aux pays du G20 plus de 100 milliards de dollars par an (70 milliards de pertes de taxes, 20 milliards pour lutter contre les réseaux et 14,5 en coûts liés aux décès attribués aux contrefaçons).
En France, la perte directe de chiffre d’affaires pour les entreprises françaises liées à la contrefaçon a été évaluée à 6 milliards d’euros par an, selon Bercy. Par aileurs, l’impact négatif de la contrefaçon est « particulièrement significatif » en matière d’innovation, mais aussi d’emplois pour les entreprises. L’Union européenne estime que la contrefaçon fait disparaître 100 000 emplois par an.
Des techniques sophistiquées industrialisées
Les grandes marques, Adidas, Nike, Lacoste, Sony, Yves Saint-Laurent déboursent des millions pour lutter contre la contrefaçon.
Les techniques de traçabilité sécurisée permettent de distinguer chaque produit de manière unique et de l’identifier :
marques visibles ou invisibles ;
hologrammes ;
traceurs physico-chimiques ;
immatriculations ;
codes numériques ;
codes hybrides ;
nano traceurs ;
...
Ces technologies rendent le produit sur lequel elles sont utilisées, infalsifiable et inviolable et donc théoriquement non copiable. Elles facilitent aussi l’identification des marchandises suspectes et apportent des preuves tangibles pour tout recours en justice.
Sur les emballages par exemple, on réalise au laser des graphismes très fins, innovants et pourtant industrialisés. Indélébile, ce marquage permet de réaliser la traçabilité des emballages (dates de fabrication, numéros de lots, dates de péremption, etc.) et de lutter contre la contrefaçon dans le secteur des produits de luxe.
Aujourd’hui, la mise en place des dispositifs de traçabilité sécurisée est efficace. Pour la filière du luxe, comme pour d’autres, la traçabilité reste une démarche stratégique incontournable.
08/07/10
Sylvie Pesme
Sources : Pôle Traçabilité ; Lognews ; Unifab ; ZDNet.fr ; Emballage digest ; Vision industrielle
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