Traçabilité des personnes : consommateurs vigilants
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La traçabilité des produits est un enjeu majeur, d’abord associé au suivi alimentaires ou aux produits de santé surtout en cas de crise. Mais on peut tracer également des personnes.
Systèmes de géolocalisation, paiements électroniques, utilisation d’Internet, commerce électronique, communications mobiles, … sont des moyens efficaces pour obtenir des informations précises sur les déplacements, les occupations, les centres d’intérêts, ou les comportements d’une personne.
Même si la traçabilité occupe aujourd’hui une place incontestable parmi les professionnels, le grand public émet toujours des doutes sur les dangers potentiels que génère l’image d’une traçabilité à grande échelle, notamment en matière de sécurité des personnes et de respect de la vie privée. Les consommateurs sont néanmoins conscients du rôle crucial de ces technologies, notamment en matière de traçabilité alimentaire.
Les Européens et la traçabilité
Une enquête réalisée en décembre 2006 par le Global Office GS1, GS1 France, et le Salon Traçabilité intitulée « Les Européens et la traçabilité » montrait que les consommateurs français jugent prioritaire la traçabilité des produits alimentaires qui est devenu le premier critère d’achat.
Les principaux garants de la traçabilité, sont, pour les Français, les pouvoirs publics autant que les fabricants la garantie de qualité et de fraîcheur qu’elle implique indique le sondage mené dans cinq pays européens par OpinionWay.
Relativement connue des consommateurs européens (60%), les Allemands et les Français notamment jugent la notion de traçabilité importante pour la sécurité alimentaire, la crise de la vache folle ayant joué un rôle de détonateur et d’illustration.
Mais ces consommateurs souhaitent un contrôle des différentes technologies de traçabilité et sont en quête d’informations, alors que les Italiens, par exemple, sont plus attachés que les autres à son usage dans les cosmétiques.
Traçabilité des emballages
Le public réclame en priorité des informations sur les emballages et les notices, plébiscités à 72 %. La capacité d’un industriel à fournir des éléments de traçabilité de ses produits devient un argument marketing.
Les données disponibles sur le point de vente, notamment via des bornes interactives, se classent en deuxième position avec 15% des demandes, devant Internet à 12%.
Trois freins face à la RFID
A l’occasion de l’EU RFID 2006 Conférence qui s’est tenue à Bruxelles, une enquête a été menée auprès de 2 190 citoyens européens sur les puces RFID. La grande majorité d’entre eux sont peu rassurés.
Près de 55% estiment qu’il est nécessaire d’adapter le cadre réglementaire pour assurer la protection de la vie privée et des données personnelles. Il est aussi demandé un étiquetage clair des puces et la possibilité de pouvoir les désactiver ou les détruire.
Selon une autre étude, Xerfi, intitulée « RFID : Opportunités d’investissements et de marchés » réalisée aussi en 2006, on recense trois freins principaux à la mise en place de la RFID :
Frein financier : le prix des tags, même à la baisse, est encore trop cher (prix médian de 25 centimes d’euro) pour pouvoir être supporté par des produits de consommation courante.
Les coûts indirects de l’investissement informatique (intégration logicielle des solutions choisies) et de la réorganisation des processus entraînent un coût important de mise en place pénalisant les PME.
Frein social : si les caisses des grandes surfaces sont automatisées, des dizaines de milliers d’emplois de caissières seraient remises en cause. Les initiatives de Tesco et Wal-Mart, les grands de la grande distribution, en matière de RFID, sont scrutés avec attention et font figure de pionniers, qui ne seront pas forcément suivis d’ailleurs.
Frein éthique : le consommateur se méfie d’une utilisation de la RFID qui tendrait vers le suivi de la personne et l’établissement de profils, au détriment du respect de la vie privée. Il refuse le système de puces généralisées. Il souhaite avoir l’option de désactiver le suivi RFID lors de son passage en caisse.
Perception des risques et acceptation
Directement liée à leur médiatisation, les produits arrivant en tête en terme de traçabilité sont :
viande, produits laitiers, médicaments
transports aériens (probablement en raison des catastrophes intervenues pendant l’été 2005)
cosmétiques
On le voit à l’étude de ces différentes enquêtes, la critique porte essentiellement sur la traçabilité des personnes et notamment dans un environnement de communication dont « le traçage » des individus se ferait de manière permanente et sans laisser de traces "contrôlables".
La traçabilité a une bien meilleure image lorsqu’il s’agit de s’assurer de la conformité des processus ou des produits et de pouvoir suivre, a posteriori, le cheminement de produits de toute nature, notamment en période de crise mettant en jeu la sécurité des consommateurs.
Pourtant dans les deux cas, la traçabilité fait appel à des technologies similaires en plein développement. Reste aux fabricants à jouer la carte de la communication et aux consommateurs à faire preuve de vigilance, sans refuser systématiquement les apports de la traçabilité, RFID comprise. À l’heure du déploiement dans tous les secteurs, la question de la réception de la traçabilité par le public, dont on sollicite aujourd’hui une adhésion grandissante, est donc plus que jamais cruciale.
Sources :
CCI du Loiret ; Stratégies ; ECR France ; Que Choisir en ligne : étiquetage et traçabilité
Sylvie Pesme
19/02/08
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