Une identification unique au monde
La Traçabilité est présente dans tous les domaines de l’industrie notamment automobile. La compétitivité est un enjeu vital et pousse les entreprises du secteur à considérer leur traçabilité comme un atout supplémentaire.
Confronté à l’obligation normative de rendre un identifiant unique, une des difficultés des industriels est de fixer la limite d’application de cette unicité.
Suffit-elle dans l’entreprise, chez le client, dans le pays ?
Du fait de la mondialisation des échanges et pour faire face à cette évolution, les industriels ont décidé d’investir dans la recherche de normes propres à apporter une solution universelle. La constitution de groupes de travail tel que celui mené par le groupement GALIA (Groupement pour
l’Amélioration des Liaisons dans l’Industrie Automobile) a abouti à la rédaction d’une norme NF Z 63-400 reprise en grande partie par le Comité européen de Normalisation (EN 1572) puis par l’ISO (ISO 15459). Ces normes décrivent une règle simple et logique pour construire un identifiant unique dans le monde, géré par secteurs industriels et compatible entre les différentes versions sectorielles. Mais ce matricule, appelé "Licence Plate", bien que très simple et gratuit d’utilisation, souffre encore d’un déficit de diffusion auprès des industriels qui tardent à le mettre en place dans leurs systèmes d’identification. Sa composition est disponible dans les parutions des organismes de normalisation, mais sa propagation est lente et devrait être relayée rapidement par les organisations professionnelles et les organismes certificateurs. Concernant le secteur automobile le groupement GALIA organise des ateliers "GT identification" qui iront dans ce sens.
Différents sens de la traçabilité
La définition de la traçabilité est donnée par la norme ISO 8402 qui la définit comme "l’aptitude à retrouver l’historique, l’utilisation ou la localisation d’article(s) ou d’activité(s) semblable(s) au moyen d’une identification enregistrée". En fonction des métiers, les termes de cette définition normative ont des sens différents. A ce stade, on peut déjà retenir qu’il faut d’une part : identifier ce que l’on doit tracer et d’autre part enregistrer cette entité. Cette définition générale peut-être complétée par la section 4.8 des normes ISO 9001 et 9002 qui prescrivent aux entreprises certifiées que "lorsque cela est approprié , le fournisseur doit établir et tenir à jour des procédures d’identification du produit au cours de toutes les phases de la production , de la livraison et de l’installation. Lorsque la traçabilité est une exigence spécifiée et dans les limites de cette exigence, le produit ou les lots doivent avoir une identification unique . Cette identification doit être enregistrée".
Par ce complément, on peut donc retenir qu’il faut tracer la plus petite entité entrant dans la constitution d’une plus grande entité, pendant toute sa durée de vie, et qu’il faut enregistrer cette information dans un système où les paramètres propres pourront être analysés et retrouvés rapidement le tout d’une manière fiable et pérenne.
Les constructeurs automobiles complètent ces exigences normatives par des "Principes généraux de Traçabilité" inclus dans leur système d’Assurance Qualité Fournisseurs. L’objectif affirmé étant d’assurer la traçabilité de tous les produits, depuis la matière première jusqu’au client final et de pouvoir :
rétablir rapidement et économiquement la qualité du produit,
prouver que le produit est conforme aux exigences qualité,
répondre aux demandes d’administration ou organismes divers.
Les constructeurs automobiles attendent donc de leurs fournisseurs qu’ils soient en mesure d’effectuer des recherches dans deux sens : ascendantes et descendantes.
Ces exigences peuvent être complétées par des obligations légales spécifiques attachées aux pièces de sécurité, telle qu’une obligation de fournir des pièces détachées pendant 10 ans après l’arrêt du véhicule, voire même pour les contrats les plus rigoureux, imposer de lourdes pénalités en cas de non délivrance de pièces à la bonne date ou des problème de qualité des pièces livrées. Dans le cas de pièces défectueuses, en plus de leur remplacement, les constructeurs peuvent être amenés à faire payer les arrêts de chaîne et le coût du démontage/remontage de la pièce défectueuse sur parc et sur les véhicules déjà vendus.
Dans ce contexte très strict et à haut risque pour les équipementiers et fournisseurs automobiles quels outils mettre en place pour identifier les pièces par lot ou individuellement par dates de fabrication ? Tout en sachant que la mise en place de ces repères doit être faite en automatique et au niveau d’une machine ou d’un poste de chaîne de production.
Dans le cas de lots de pièces, des étiquettes standards peuvent répondre à cette exigence. Par contre, certaines pièces, indépendamment de l’identifiant de leur lot, font l’objet d’un marquage individuel qui peut être imposé par le constructeur ou proposé par le fournisseur si celui-ci le juge nécessaire. Pour effectuer ce marquage directement sur le produit, il existe différents procédés qui doivent être en mesure de s’adapter aux cadences de production, être extrêmement fiables, afin de réaliser un marquage qui dure dans le temps en résistant à de nombreuses contraintes physiques (résistance aux solvants, lubrifiants...) ou aux sollicitations mécaniques. Des technologies de marquage à pilotage électronique telles que le laser, la Micro-Percussion™ ou le rayage effectuent un marquage indélébile et répondent alors à cet impératif tout en gérant automatiquement des données variables liées à la traçabilité (incrémentation N° d’identification, date de fabrication, nom et logo du fabricant). De plus, ces équipements rendent possible le marquage permanent de code matriciel à deux dimensions, telle que la symbologie DataMatrix, qui permet le codage et le compactage des informations devant figurer sur la pièce. Ces informations encodées pouvant être relues automatiquement à l’aide d’un lecteur CCD ou d’un système de vision.
Jérôme Bourgeois.
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