Synthèse de la conférence plénière
Trois thèmes étaient à l’honneur le 24 novembre dernier à l’occasion des premières Assises Régionales de la Traçabilité Agroalimentaire.
1.Comment s’assurer de la conformité à la réglementation tout en bénéficiant d’un retour sur investissement ?
2.La demande croissante des consommateurs pour des produits à bas coût est-elle compatible avec des exigences de qualité et de sécurité toujours plus élevées ?
3.Comment transformer la contrainte légale en un avantage marketing, dans une concurrence internationale toujours plus vive ?
Aujourd’hui, grâce à la réglementation et aux fournisseurs de solutions informatiques, l’outil de la traçabilité est intégré par tous les acteurs de la filière agroalimentaire (producteurs, industriels et distributeurs).
Néanmoins, malgré cette maîtrise du système, certaines problématiques subsistent encore.
A savoir : la garantie pour les industriels d’obtenir un retour sur investissement, l’éventuelle conciliation prix/sécurité sanitaire et enfin une remise en question de la traçabilité comme argument marketing.
Dans un premier temps, il a été souligné que l’application de la traçabilité représentait une source de garantie pour les professionnels et le consommateur. La principale contrainte soulevée étant la mise en place d’une harmonisation du système afin d’optimiser le retour sur investissement. Selon la société Stalaven, cette standardisation permettrait de « normaliser » la supply chain. Aujourd’hui, de nombreux fournisseurs de solutions tentent de répondre à cette exigence.
GS1, organisme de normalisation, projette quant à lui, que le tracing atteigne d’ici 2010 « 100% de cartons et de l’échange des données informatisées via EDI ».

Tous les acteurs de la filière s’entendent sur le fait que l’application de la traçabilité représente un gage de qualité pour les consommateurs. Ainsi, les professionnels intègrent la traçabilité dans leur démarche qualité, sans négliger les attentes des consommateurs : acheter des produits de qualité, à un coût toujours plus compétitif.
Cependant une problématique relative à l’interprétation de certains labels a été soulevée. Selon un représentant de l’association UFC Que Choisir, « les consommateurs se sentent noyés par la masse d’informations indiquées sur les étiquettes ». Or, le règlement CE 178/2002 prévoit l’ajout d’informations obligatoires concernant les ingrédients susceptibles de présenter des risques allergènes.
Par ailleurs, les acteurs de la filière souhaitent la mise en place « d’un interlocuteur privilégié » en cas d’urgence. En particulier, lors de situation de rappel ou retrait de produits.
De même, certaines dérives liées aux exigences de traçabilité ont été soulignées lors du débat.
Les normes d’hygiène et de sécurité toujours plus exigeantes, ont pour conséquence d’une part la baisse de la résistance de l’homme aux bactéries et d’autre part un accroissement des risques liés à une surconsommation des produits d’entretien. L’exemple des produits chimiques déposés sur les palettes en bois de Coca-Cola en est un bon exemple sans compter les conséquences en termes de pollution.
Enfin, UFC Que Choisir reproche aux industriels et aux distributeurs d’utiliser la traçabilité comme argument marketing. Le représentant de l’enseigne Leclerc a de son côté indiqué que la distribution utilisait l’outil de la traçabilité ou les labels comme « un guide d’achat » pour le consommateur.
En conclusion, les 1ère Assises Régionales de la Traçabilité se sont efforcées d’apporter des éléments de réponses aux interrogations relatives à ce système. Cet échange a permis de rappeler l’importance de la traçabilité dans la filière alimentaire. Ainsi, les représentants de la filière sont conscients que l’application de cet outil doit s’inscrire dans le temps et s’adapter aux nouvelles exigences réglementaires dans le cadre d’un plan qualité global et structuré. Cela dans l’intérêt de garantir la sécurité sanitaire et la qualité des produits alimentaires aux consommateurs.
Enfin, sous les applaudissements de l’assemblée, Monsieur Appert représentant de la CCI de Rennes et le portail d’information Tracenews ont eu l’honneur de décerner le prix « traçabilité 2005 à la société Actemium, filiale du groupe Vinci Energie, pour son offre « Sherpa ». L’originalité de cet outil réside dans sa capacité de croiser des informations et d’analyser un suivi complet de fabrication pour de nombreuses enseignes telles que Nestlé, Bridor, Cointreau, Cooperl ou Delmotte.
Cette journée s’est conclue par l’annonce de la deuxième édition qui aura lieu le 12 octobre 2006 à Valence (Drôme).
Synthèse de la conférence plénière animée par Jean-Luc Lebascle.
Intervenants de la table ronde : , Joël Saillent (UFC Que Choisir), Michel Le Grouyère (System U Ouest), René Pelhate (Vegam), Jean-Claude Debois (Poulet fermier de Janzé), Daniel Lebon (Chambre d’Agriculture d’Ile et Vilaine), Jean-Pierre Appert (CCI Rennes), Jean-Philippe Dop (DGAL), Christian Tacquart (ABEA), Yves Boisard (GA Leclerc), François Cottarel (Stalaven), Jean-Pierre Martin (Stalaven)
141 Participants à cette plénière.
Cindy HUET
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