Faut-il avoir peur de la biométrie ?
Les attentats du 11 septembre 2001 sont à l’origine du contexte de suspicion et de remise en cause d’un système sécuritaire défaillant. La biométrie révolutionne le principe de la traçabilité grâce à des données simples et une mise en oeuvre efficace. Cependant, l’usage de cette nouvelle technique soulève des problèmes éthiques. Entre autre, un débat relatif à la sécurité et la liberté des individus.
L’engouement d’un marché en expansion

La biométrie connaît un intérêt économique sans précédent depuis le début des années 80 (1). Les précurseurs en la matière sont bien évidemment les américains. Ils se positionnent désormais comme leader sur ce marché. L’Europe arrive juste derrière, avec un chiffre d’affaires qui devrait atteindre près de 159 millions d’euros en 2006, d’après l’expertise du cabinet Frost & Sullivan. En France, le marché de la biométrie est peu développé du fait d’un très petit nombre d’acteurs français spécialisés. Deux groupes se partagent actuellement ces valeurs économiques : SAGEM, leader mondial de l’empreinte digitale ou encore la société THALES qui intègre des systèmes biométriques.
Souriez, vous êtes tracé
Conçu pour faciliter notre quotidien, la traçabilité des individus s’est au fil des années développé. De la simple carte d’identité, elle s’est étendue à des techniques telles que les cartes à puce , le mobile...et aujourd’hui la biométrie. Ce système est fondé sur le principe de l’identification et l’authentification d’un individu à partir d’une caractéristique physiologique. En effet, la biométrie utilise nos « données » physiques, biologiques ou comportementales pour identifier une personnes de manière sûre. C’est en quelque sorte, une version du « code à barre » humain. Les techniques les plus utilisées dans la biométrie sont les relevés d’empreintes digitale, l’iris, l’image du visage ,la forme d’une main...
Débat entre surveillants et surveillés
Finalement, l’usage de biométrie rentre progressivement dans les habitudes de la société. Ce système reste principalement utilisé dans la sphère publique. La biométrie s’inscrit dans des domaines qui touchent la sécurité, la surveillance et le contrôle (installations militaires, sites nucléaires, aéroports, banques, établissements et cantines scolaires, ...). Une étude datant de juin 2003, réalisée par M.Christian CABAL, Député à l’Assemblée Nationale, fait part d’un état des lieux de la biométrie. Cette étude rapporte les opinions divergentes entre l’utilisation « éthique » ou « technique ».
D’un côté, les détracteurs avancent la thèse d’une perte de nos libertés individuelles. D’ailleurs, la directive 95/46/CE, relative à la protection des données personnelles, et la loi « Informatique et Libertés », du 6 août 2004 régie par la CNIL, contrôle l’utilisation des technologies biométriques et protège les abus d’un système encore fragile. De l’autre côté, les partisans de cette technologie sont favorables à une généralisation de ce procédé. Et insistent sur le caractère fiable et unique qui permet d’assurer sécurité et lutte contre la fraude. Le rapport démontre que « la fraude informatique et la fraude documentaire existent car les systèmes actuels, qui reposent sur ce que l’on sait (code, mot de passe) ou ce que l’on a (carte) restent vulnérables et les systèmes biométriques apportent un niveau de la sécurité supplémentaire. Ils peuvent donc constituer un instrument efficace de protection des données personnelles et un moyen de se prémunir contre l’usurpation d’identité qui peut-être très préjudiciable aux individus ».
Finalement, peut-on trouver un consensus entre liberté et sécurité ?
A l’issue du rapport établit par M. le Député Christian CABAL, plusieurs suggestions ont été avancé. Entre autre, la constitution d’un observatoire et la création d’un organisme d’évaluation et de recommandation « L’objectif étant d’associer les différents acteurs et utilisateurs afin d’assurer une diffusion de l’information au public, d’effectuer une veille juridique et technique ». Même si le cadre juridique reste à définir avec les évolutions futurs, il est désormais nécessaire de se concentrer sur les perspectives et les enjeux de cette nouvelles technologie au niveau mondial. La biométrie pose le problème de l’utilisation faite lors de la collecte des informations. Reste à s’interroger sur : où poser la limite entre sécurité, liberté et vie privée ?

(1)« Les premiers prototypes de terminaux de traitement automatique d’empreintes digitales arrivent dans le milieu des années 1970, et les premiers produits commerciaux mis sur le marché au début des années 1980. Ces terminaux seront utilisés dans un premier temps pour du contrôle d’accès et/ou de gestion du temps pour clients du type "organisation gouvernementale" (prisons par exemple ). » Source http://biometrie.online.fr/Marche_index.htm
Cindy HUET
21/01/06
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