La traçabilité au sein de la sous-traitance mécanicienne
traçabilité ; sous-traitance mécanicienne ; pièces détachées ; Pôle Traçabilité ; CTDEC ; GPAO
Membre du pôle de compétitivité "Arve Industrie Haute Savoie Mont Blanc", le Centre Technique de l’Industrie du Décolletage (CTDEC), en collaboration avec le Pôle Traçabilité, a lancé un projet Traçabilité dont l’objectif est d’optimiser la traçabilité dans l’industrie de la sous-traitance mécanicienne. Simon Bernard et Benjamin Deruaz, Ingénieurs d’études au CTDEC, font le point sur la traçabilité au sein de la sous-traitance mécanicienne.
Il s’agit entre autres de sécuriser et fiabiliser le process de traçabilité, préparer les entreprises au durcissement des exigences des donneurs d’ordres, faire de la traçabilité actuelle, souvent vécue comme une « contrainte normative », un élément de différenciation face à la concurrence.
Traçabilité, critère de sélection
Plus qu’une exigence, la traçabilité devient un véritable critère de sélection des fournisseurs par les constructeurs automobiles. Peu contrôlée lors d’audits, sous-exploitée en entreprise, la traçabilité est vécue comme une contrainte normative.
Au-delà de la sécurité du client qui est le leitmotiv principal de la traçabilité au sein de l’automobile, la tendance est à sa revalorisation au sein du système de management de la qualité des entreprises. Cette démarche de performance des entreprises s’intègre parfaitement dans la logique actuelle : réduction des coûts, gains de productivité, maîtrise de la production, amélioration de la qualité…
Logiciel GPAO
Les pratiques de traçabilité dans la sous-traitance mécanicienne s’identifient le plus souvent par l’utilisation conjointe d’un outil informatique type logiciel GPAO, squelette du système traçabilité au sein de l’entreprise, et de la saisie manuscrite d’informations de production sur un support papier, plus communément appelé « fiche suiveuse ». L’identification des produits en cours de production est faite par un numéro d’OF ou numéro de lot matière. La communication des informations entre fournisseur et client est facilitée par l’instauration du standard d’étiquetage : GALIA. Dans la majorité des cas, le support de suivi de la traçabilité entre fournisseur et client est essentiellement le bon de livraison. C’est d’ailleurs ce document qui fait foi lors de campagne de rappel de véhicules.
Cependant, les problèmes de traçabilité sont trop souvent traités par des solutions informatiques et/ou de marquage, alors que la traçabilité est avant tout un flux d’informations. La rigueur, la clarté et la fiabilité des informations échangées sont primordiaux.
Retrait ou Rappel ? Le besoin de distinction !
« Un lot matière est défectueux dans ma production ! Suis-je capable d’identifier toutes les pièces produites avec ? Suis-je capable d’identifier seulement le lot de pièces potentiellement défectueux ? De quelles informations dois-je disposer pour être efficace ? »
Actuellement, la gestion des problèmes traçabilité dans l’industrie automobile concerne des litiges produits, que l’on pourrait qualifier d’alerte « retrait – rappel ». A ce juste titre, il paraît important de bien distinguer un « retrait » d’un « rappel ». Le retrait est l’opération qui consiste à retirer des chaînes de montage des usines un ensemble de pièces non conformes alors que le rappel consiste à extraire les véhicules potentiellement défectueux du marché. La différence réside dans le temps écoulé entre la production et la détection de la non-conformité. Ces deux cas de figure mettent à l’épreuve la réactivité du système traçabilité d’une filière. La restitution des informations est la grande différence entre ces deux principes. Le rappel de véhicule est source de complication par manque d’informations pertinentes (perte du bon de livraison par exemple). Donc seul élément probant : une « fenêtre » de dates de livraison !
N’oublions pas que la filière de la sous-traitance mécanicienne est un ensemble d’intervenants, où la traçabilité peut être comparée à une chaîne dont la fiabilité et la robustesse sont mesurables par l’efficacité du maillon le plus faible. La communication, la réactivité et la pertinence des informations échangées sont les moteurs d’une réussite certaine. Dans le cas contraire, ce sont des objectifs à atteindre.
Contrainte ou élément différenciation ?
La mondialisation des échanges, la protection de la propriété intellectuelle, le nombre d’intervenants dans les filières, la montée vertigineuse de la contrefaçon, la sécurité de la personne sont autant de facteurs qui placent le sujet traçabilité au centre de l’actualité.
Composante jeune mais en pleine expansion, la traçabilité est un domaine novateur pour l’industrie mécanicienne. Le durcissement des exigences par les donneurs d’ordres, notamment dans la filière automobile, laisse présager des problématiques d’organisation en entreprise.
Transformer cette contrainte en un élément de différenciation pour l’industrie mécanicienne, notamment en fiabilisant et en simplifiant le système traçabilité, est l’objectif que s’est fixé le CTDEC au travers de son projet Traçabilité.
06/05/08
Simon Bernard et Benjamin Deruaz,
Ingénieurs d’études au CTDEC
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