Le suivi du fret.

A l’heure des flux tendus, le suivi du fret est d’une importance vitale pour les entreprises de transport intermodal et leurs clients.
Comment suivre un conteneur en temps réel ?
Réponse : par le système de localisation GPS (Géopositionnement par satellite).
S’il est possible de déterminer la position instantanée de la marchandise ou de contrôler l’horaire, le trajet, la vitesse d’un véhicule ou de son chargement, il est tout aussi possible de connaître comment se passe l’acheminement en transmettant d’autres informations par
le même canal. Emetteurs et microprocesseurs de traitement de données fixés sur les wagons, caisses mobiles ou conteneurs, permettent de contrôler le chargement (remplissage, température, ouverture des portes, etc.) le véhicule (freinage, roulement, vibrations, accélérations, chocs).
Mais en fonction de leur rôle dans la chaîne des transports, les différents acteurs n’ont pas toujours le même point de vue sur ce qu’il est important de surveiller ou tracer : chargement ou véhicule !
Partant du principe que "perdre un train est chose très rare", une entreprise spécialisée dans le transport combiné a équipé à titre expérimental une partie de ses
caisses mobiles avec des unités GPS fournies par l’entreprise canadienne Sky Eye. L’expérience s’est déroulée le long d’un flux exotique aux confins de l’Europe Orientale comprenant une forte proportion de parcours routier avec de nombreuses vérifications (coûts d’immobilisation) et un parcours ferroviaire. Expérience très concluante et fiable sur le long terme puisque les batteries solaires montées sur les caisses mobiles posées il y a un an fonctionnement toujours.
Assurer la localisation par GPS ne se résume pas simplement à l’installation de balises sur des wagons, des caisses ou des conteneurs. Le traitement des données brutes doit également parvenir à l’utilisateur. Un service global que la société Sky Eye est seule à proposer. L’équipement de base fourni au client comprend une unité avec une balise GPS, un microprocesseur et des capteurs. Les données fournies par ces derniers sont traitées, analysées par l’unité Sky Eye, puis
distribuées au moins une fois par jour sous forme de messages formatés par e-mail, fax, alphapage ou téléphone vers le centre de calcul dit DMC (Data Management Centre) situé à Montréal. Ce centre aura bientôt un "clone" installé en Europe. L’échange de données entre les unités Sky Eye et DMC se fait via le réseau de satellites à moyenne altitude Orbcomm, mais elle peut aussi transiter par téléphonie mobile GSM, comme en France où la bande de fréquence utilisée par Orbcomm est réservée actuellement aux militaires. Ce système inter opérable dans le sens où il ignore les frontières, a rapidement convaincu les grands réseaux ferrés américains (CN et CP au Canada, ou BNSF aux Etats-Unis).
En Europe où le marché se répartit entre le transport intermodal et les wagons classiques, la Société Sky Eye a commencé par établir une filiale au Luxembourg. Pour répondre aux spécificités du marché européen le produit devra sans doute connaître des évolutions différentes. Par exemple, pour les compagnies américaines qui assurent aussi bien le transport que la maintenance, Sky Eye a développé un accéléromètre mesurant la qualité de la voie en vue de localiser les problèmes chroniques. Sur le marché européen quatre segments principaux ont été identifiés : les grandes entreprises ferroviaires nationales (CFF), les opérateurs de transport (nouveaux entrants en 2003), les loueurs de wagons et enfin les chargeurs. L’équipe de Sky Eye tente actuellement une expérience en France avec 50 wagons porte-autos Gefco, une autre expérience pour laquelle les deux entreprises ont défini en commun un système de détection du chargement/déchargement.
Côté Fret SNCF, Sky Eye espère prochainement équiper 62 wagons réfrigérés avec un produit déjà éprouvé par Interfrigo.
Source : la vie du rail.
Fabienne Gougeon
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